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Importations déloyales de légumes, quoi faire?

Par Maxime Laplante, président


La rengaine n'est pas nouvelle. N'importe quel producteur maraîcher vous en parlera, en particulier des bas prix pour les denrées arrivant de l'étranger faisant directement concurrence auprès de nos produits issus du territoire québécois. Mexique, Afrique du Sud, États-Unis, etc. Toutes les raisons sont bonnes, qu'il s'agisse des bas salaires versés, du meilleur climat pour la production, des règles sanitaires différentes. En plus, l'accès aux tablettes d'épicerie pour les produits locaux est rendu difficile, les chaînes d'alimentation et les réseaux de distribution ayant le gros bout du bâton en imposant leurs exigences pas toujours compatibles avec une production fortement saisonnalisée.


Étrangement, lorsqu'il est question de prix, notre agriculture est souvent en concurrence directe avec le plus bas soumissionnaire mondial. Ce n'est pourtant pas le cas pour l'immense majorité des autres métiers. Lors de l'embauche de nos policiers, on ne va pas recruter au Bangladesh sous prétexte qu'on trouverait à moins cher. Un grand nombre de secteurs allant de la médecine, le journalisme, à l’enseignement, l’électricité, le droit et l’ingénierie sont encadrés par des normes garantissant un certain niveau de rémunération. Évidemment, dans le secteur manufacturier ou industriel, les entreprises peuvent déménager à l'étranger si elles jugent pouvoir faire des économies mais celles qui restent au Québec respectent le salaire minimum et les normes en place.


Alors pourquoi pas en agriculture? Et pourtant, certains secteurs de notre production agricole font l'objet de protection aux frontières, en particulier les domaines sous gestion de l'offre, comme le lait, les œufs et la volaille. En dépit des pressions pour abolir le système, pour l'instant, il n'y a pas sur les tablettes d'épicerie de lait ou d'œufs à prix de dumping en provenance de l'étranger. 


J'ai découvert récemment que la Suisse, affrontant sensiblement les mêmes difficultés, a mis en place une protection douanière pour les légumes. Ce système repose sur des droits de douane élevés et des contingents tarifaires pour les légumes sensibles, le tout géré par l'Office Fédéral de l'Agriculture. En période active de production suisse, des droits de douane s'appliquent, limitant les importations. Si l'offre locale couvre la demande, les importations sont soumises à un tarif élevé, voire interdites. Lorsque la production interne du pays ne suffit pas, l'Office peut libérer des contingents d'importation avec de faibles droits de douane, voire nuls, pour garantir l'approvisionnement du marché.


Je devine que l'exercice doit parfois se révéler complexe pour mesurer le pourcentage d'approvisionnement selon la période de l'année et le type de légume, mais le Québec aurait avantage à se pencher sur la question. En ce qui concerne les prix de détail pour les consommateurs, je crois personnellement qu'une hausse des prix payés à la ferme n'aurait qu'un impact minime sur le coût de l'alimentation pour les citoyens. En tant qu'agriculteur, je suis bien placé pour constater l'écart incroyable entre les prix payés à la ferme et ceux à l'épicerie. 


Lors du colloque sur le maraîchage de proximité organisé par l'Union paysanne et l'Institut Jean-Garon (20 février à Drummondville), il sera entre autres question de cet enjeu. Bienvenue à tous. Cliquez ici pour voir les Informations et s’inscrire 

 
 
 

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